Un grand merci à toutes les personnes concernées qui ont pris de leur temp pour nous répondre !!

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AGORIA (Pias / UMF) - Janvier 2005

 

Peux tu nous raconter comment tu es tombé dans la musique électronique ?

Oulala ça serait trop long a raconté. Disons que c'était plus ou moins au détour d'une entreprise désafectée, squatté, puis improvisée en club. Une boite ephémere appellée l'Hypnotik, c'était le bordel, c'était la grande classe. Aucune norme de sécu, tous les publics étaient confondus : punks, bourges, petits branleurs, mannequins, camés, premiers de la classe,... bref c'était la foire. Les deejays étaient stefano, miloch, pmoore, strat, oliver de genève, freddy j... Tout le monde était la pour la ziq, parce que c'était notre révolution musicale. Perso j'avais 16 ou 17ans, je faisais le mur pour y aller, j'avais pas une tune (tout passait dans les disques), donc je harcelais les émissions radios locales qui filaient quelques places gratos. A l'époque c'était radio espace qui diffusait des pures emissions electros les samedis et dimanches soirs loin de la ringardise des émissions qu'ils proposent maintenant.

Peux tu nous faire partager des souvenirs de soirées sur Lyon ou sa région qui t'ont marqué ?

La première halle tony garnier en 95 je crois nous a tous marqué, sans doute au même titre que nuits sonores à marqué certains esprits ces deux dernières années. C'est exactement ce qu'un mec qui organise une soirée doit penser pour moi : éveiller les désirs, donner envie de faire de la ziq. Bien avant de se demander ce que le journaliste va écrire, ce que les leaders d'opinion vont penser de la teuf ou bien combien il va vendre la bière. Du moment qu il y a des mecs qui rentrent chez eux avec la banane et l' envie de tout niquer après avoir pris une bonne claque, pour moi la soirée est réussie. Perso, je regrette pas d'avoir pris la foudre sur un set de stephanovitch en 95, c'était avec Garnier et Manu le Malin l'un des trois djs charismatiques du debut de l' epopée.

J'ai lu sur le forum de ton site (www.agoriamusic.com) que tu avais une résidence au Loft à Barcelone. Comment tu expliques que tu n'es pas de résidences dans un club à Lyon ? Et serais tu prêt à en accepter une ?

Je n'avais jamais eu envie d'avoir une résidence jusqu'à aujourd hui, ça m'emmerdait de devoir jouer fréquemment dans un même lieu. Mais Le loft est un club extraordinaire. Un de ceux où on va jouer les yeux fermés. A chaque fois que j'y ai joué ça a toujours été la folie, les mecs qui tiennent ce club sont d'abord investi dans la ziq, les deejays résidents sont devenus des potes, la programmation est terrible et surtout le public est à chaque fois plus enthousiaste...du coup la résidence s'est faite naturellement. A lyon, c'est simplement car aucun club lyonnais ne m'a proposé de résidence. A mes yeux, il n'y a que deux, trois bons clubs à lyon : l'ambassade, la marquise et le dv1. Les seuls qui ont une vraie politique artistique. Une politique fidèle à leurs gouts respectifs, qui ne tombe pas dans le clubbing de base et qui essaie de faire avancer les choses au jour le jour. Ils ne suivent pas les modes et diffusent la musique qu'ils aiment. A l'inverse, un club qui élit un soir miss seins nus, le lendemain fait venir un deejay reconnu et programme ensuite une soirée étudiante...ça ne m'intéresse pas. Dans une ville aussi grande que lyon, je défendrai jamais ses mecs qui veulent juste faire de la tune ou se donner une bonne image en bookant un dj de la sphère électronique une fois tous les deux mois. Les da et patrons de ses clubs n'aident pas la scene électro, ils s'en foutent, la vulgarisent à cinq ou six noms et du coup la font s'éteindre. Quand je sors parfois dans ces clubs qui se prétendent élitistes, que j'entends toujours claude françois, sex bomb ou village people, j'ai vraiement l'impression d'être sur une autre planète et que le temps s'est arrêté. A Lyon, si le public veut entendre de la musique électronique il est limité à deux trois lieux, assez petits. J'adore l'intimité de ses clubs, je vais y faire un tour dès que j'ai le temps, mais notre musique à aussi besoin d'un lieu plus grand ou d'un lieu décalé. Je reverai de voir un club comme le loft, fabric, arches ou cocoon à Lyon. Certains travaillent à ce rêve...

Tu prépares un nouvel album, ce n'est plus un scoop…as tu déjà commencé à travailler dessus ? Est-ce que l'on peut déjà annoncer une période de sortie ?

Oui, j'ai décidé de beaucoup moins jouer pour me mettre dedans, je suis dessus depuis début décembre. Je me prends pas la tête sur la date de sortie, je n'ai pas envie de me presser pour répondre aux obligations du business qu'il y autour de moi. Peu m'importe si il sort dans 6 mois, un an ou deux ans, du moment que je vais au bout de mes envies et que j'en suis content. Le premier album m' a pris deux ans, et je ne regrette pas d'avoir pris mon temps au regard du succes d'estime qu il a eu. Sans fausse modestie, même si au fond de moi la route est encore longue pour que je sois fier de ma musique, ça fait plaisir de voir qu'il a été salué dans de nombreux pays, et élu album de l'année par les lecteurs de trax en France ou bien par ceux de groove en Allemagne. Merci à vous !

On entend ici et là que tu prépares quelques choses de " spécial " pour la 3e édition des Nuits Sonores ? Est-ce que c'est encore un secret ?

Ce festival c'est ma famille. On l'a imaginé avec vincent et artyfarty il y a deux ans et demi. On s'est d'abord battu auprès de la mairie pour aider notre paroisse à avoir un vrai festival electro et non une foire musicale, ensuite auprès de la scene locale en essayant d'y intéresser un maximum d'acteurs et enfin en en étant les portes parole à l'étranger. Du coup c'est aussi un peu mon bébé. Mais je ne savais pas trop si c'était une bonne idée que j'y rejoue cette année ayant déjà participé aux deux premières éditions. Je ne voulais pas squatter les platines car il y a de nombreux artistes qui ont envie d'y jouer et je ne voulais prendre la place de personne. On en a parlé, ils m'ont dit qu'il était complètement légitime que j'y joue... Je me suis laissé convaincre (facilement ;)) mais je leur ai dit que je ne jouerai pas seul sur scène...

Tu voyages beaucoup, du Japon au Brésil en passant par les plus grands festivals, comment ressens-tu ces différents publics ? As-tu des souvenirs marquants ?

Finalement il y a les bonnes et mauvaises soirées. Ca dépend de beaucoup d ingrédients et pas forcément de la nationalité. Même si les écossais sont des oufs, les brésiliens hyper chaleureux, les japonais atypiques, c'est un état d'esprit avant toute chose qui compte. Si le mec sort pour faire la fête, il la fera quoiqu il arrive, s'il sort pour faire le beau, il saura trouver des regards confortant son amour propre, s'il sort pour critiquer il trouvera toujours des raisons de balancer. En général, tout dépend de quelle façon on est conditionné. Les français se lachent autant que les autres. Aux eurokéennes cette année, je m'attendais à jouer devant un public hyper difficile, je passais juste après pixies donc à priori c'était pas gagné ! Bein ça a été l' inverse, le public a été hyper receptif de la première seconde à la dernière. Ok je n'ai pas joué de la même façon que je l'aurai fait dans un petit club de Cologne mais les mecs qui venaient d'écouter pendant deux jours tout sauf de la musique éléctro se sont lachés. Ils étaient venus pour danser sur de la techno. Ca avait été la même chose aux vieilles charues l'année d'avant. C'est aussi ce qui me fait souvent dire que tous ces bons vivants de festivaliers qui sortent principalement l'été et qui boudent à juste titre les clubs commerciaux devraient s'y retrouver si un club leur propose une prog de qualité. Avec le potentiel artistique de notre ville, gageons que s'il y avait une émission electro sur une radio à forte audience le samedi ou le dimanche soir, un club un peu plus grand on ferait partie des capitales européennes ! suffit d'y croire !

Enfin, tu as fait le tour du monde en tant que dj, malgré tout reste t'il un endroit, une soirée où tu voudrais mixer ?

Je ne suis pas encore allé en Australie ou en Chine... ça me plairait assez je crois pendant le conception du deuxième album, un break d'une semaine ou deux, à la cool, comme ça, histoire de prendre l air... !

Agoria, Merci

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